Une odeur de gingembre

Oswald Wynd

Avant l’ouverture de mon blog, je consultais régulièrement déjà les blogs littéraires, et cela s’est bien évidemment amplifié depuis que j’ai moi aussi créé mon petit espace, mon carnet de lectures en ligne. J’aime les échanges qui se créent, le partage de critiques ou de conseils et, surtout, j’aime y puiser des idées pour mes lectures à venir. Une odeur de gingembre fait partie de ces romans dont je n’avais jamais entendu parlé, qui ne m’aurait pas forcément attirée si j’avais croisé sa route sur la table d’une librairie, et pourtant…sur un blog, puis un autre, et encore un autre, j’en ai lu de belles critiques, et aujourd’hui c’est à moi de vous en parler ! J’ai rencontré un très beau roman, les blogs rendent possible ce genre de découverte !

Janvier 1903. Mary Mackenzie, jeune demoiselle écossaise, embarque sur un bateau pour la Chine, afin d’épouser Richard Collinsgworth, attaché militaire britannique, qu’elle ne connaît pas et auquel elle a été promise. Nous lisons le journal qu’elle écrit, les quelques lettres qu’elle envoie, depuis ce voyage, et durant de longues années, jusqu’en 1942.

Je l’avoue, j’ai mis beaucoup (beaucoup !) de temps à lire ce roman, je l’ai laissé parfois de côté durant des périodes de « non-lecture » (par manque de temps, ou de concentration), mais j’y suis toujours revenue avec plaisir. J’avais l’impression de revenir vers une connaissance oubliée, d’aller prendre de ses nouvelles, d’accompagner Mary au cours du long et parfois difficile chemin de sa vie.

A son arrivée en Chine, Mary est toute jeune, fragile et innocente. « Pourquoi faut-il que nous prenions des décisions aussi graves pour notre vie entière quand nous sommes trop jeunes pour savoir ce que nous faisons ? », s’interroge-t-elle. Elle découvre un pays, ses habitants, ses moeurs. Elle se retrouve à mener une vie qu’elle n’avait pas choisie, ou du moins pas consciemment. Petit à petit, elle se déploie, s’émancipe. Elle aura des enfants, rencontrera un officier japonais qui la chamboulera toute entière, assumera ses choix mais sera aussi contrainte à subir de terribles situations. Elle vivra seule, longtemps, mais ira toujours de l’avant. C’est une femme douce, droite.

Au-delà d’une histoire individuelle, ce roman traite de la fantastique évolution du monde et de l’Asie à cette époque : du développement des transports, du confort domestique, de la mode européenne qui s’introduit au Japon, de l’émancipation des femmes par le travail.

Ce livre est refermé mais il a ouvert en moi un univers doux et apaisant qui s’entrouvre désormais au souvenir de cette lecture…

« Je n’en croyais pas mes yeux, quand j’ai vu ce qui luttait contre les mauvaises herbes pour gagner sa part de soleil : une pousse verte toute nouvelle, émergeant d’un amas de racines noircies, et qui portait déjà neuf de ces feuilles aromatiques si facilement reconnaissables. J’en ai pincé une pour être bien sûre, qui m’a laissé sur les doigts cette odeur de gingembre. »

J’ai découvert ce titre chez George (merci !)