L’imprévisible

Metin Arditi

J’avais découvert Metin Arditi avec Le Turquetto, très beau roman qui m’a donné envie de lire les écrits précédents de cet auteur. C’est avec L’imprévisible que j’ai poursuivi et… je suis déçue. Déçue n’est pas le mot, c’est juste que cette histoire ne m’a pas emballée. Je n’ai pas accroché, c’est tout.

Anne-Catherine, femme de la haute société genevoise, récemment séparée de son mari, fait appel à Guido Gianotti, ancien professeur universitaire d’histoire de l’art et spécialiste de la Renaissance, afin d’expertiser un tableau qu’elle possède, et dont elle souhaite se débarrasser car il est souvenir de son ex-mari. C’est ce lien avec l’art et le mystère autour d’un tableau qui m’avait attiré vers ce livre, et c’est vraiment cela qui m’a tenue jusqu’à la dernière page. Guido va de découverte en découverte, se déplace jusqu’aux Offices de Florence, et ledit tableau se révèlera être celui d’un grand maître. J’ai apprécié ce long cheminement, bien mené, qui est plausible, et ponctué de belles descriptions d’œuvres picturales. L’on voit la matière, les couleurs, les étoffes, les carnations. Mais je suis restée complètement insensible à la relation naissante entre Guido et Anne-Catherine, de milieux sociaux opposés, êtres solitaires, abîmés par la vie, et qui vont, un instant, l’un avec l’autre, éprouver un semblant de bonheur.

Pas une totale déception, donc, mais une impression très mitigée. Cependant, mon désir est toujours là de lire davantage d’œuvres de cet écrivain.

« C’était une main d’homme, très belle, si effilée qu’elle en paraissait presque féminine. Un chemisier à passepoil rouge l’enserrait au poignet, et il n’y avait dans sa manière de tenir la plume ni rugosité ni tension. »