L’imprévisible

Metin Arditi

J’avais découvert Metin Arditi avec Le Turquetto, très beau roman qui m’a donné envie de lire les écrits précédents de cet auteur. C’est avec L’imprévisible que j’ai poursuivi et… je suis déçue. Déçue n’est pas le mot, c’est juste que cette histoire ne m’a pas emballée. Je n’ai pas accroché, c’est tout.

Anne-Catherine, femme de la haute société genevoise, récemment séparée de son mari, fait appel à Guido Gianotti, ancien professeur universitaire d’histoire de l’art et spécialiste de la Renaissance, afin d’expertiser un tableau qu’elle possède, et dont elle souhaite se débarrasser car il est souvenir de son ex-mari. C’est ce lien avec l’art et le mystère autour d’un tableau qui m’avait attiré vers ce livre, et c’est vraiment cela qui m’a tenue jusqu’à la dernière page. Guido va de découverte en découverte, se déplace jusqu’aux Offices de Florence, et ledit tableau se révèlera être celui d’un grand maître. J’ai apprécié ce long cheminement, bien mené, qui est plausible, et ponctué de belles descriptions d’œuvres picturales. L’on voit la matière, les couleurs, les étoffes, les carnations. Mais je suis restée complètement insensible à la relation naissante entre Guido et Anne-Catherine, de milieux sociaux opposés, êtres solitaires, abîmés par la vie, et qui vont, un instant, l’un avec l’autre, éprouver un semblant de bonheur.

Pas une totale déception, donc, mais une impression très mitigée. Cependant, mon désir est toujours là de lire davantage d’œuvres de cet écrivain.

« C’était une main d’homme, très belle, si effilée qu’elle en paraissait presque féminine. Un chemisier à passepoil rouge l’enserrait au poignet, et il n’y avait dans sa manière de tenir la plume ni rugosité ni tension. »

Code Salamandre

Samuel Delage

Voici un billet qui sera très succinct, au sujet d’un livre qui ne m’a pas plu du tout… Dans Code Salamandre, le commissaire-priseur Yvan Sauvage a pour mission de finaliser les recherches de son ancien professeur, récemment décédé. Recherches qui portent sur un dépôt royal jamais découvert, datant du règne de François Ier. Il s’associe dans cette enquête avec une jeune étudiante en histoire de l’art, Marion. Leur étude commence au château de Chambord, et ils avancent dans leurs recherches en décryptant des messages codés (inscrits l’architecture des lieux ou encore dans des détails ornementaux) et en analysant la cartographie reliant, notamment, Chambord, Fontainebleau et Reims. Et évidemment, d’autres individus sont avides de mettre la main sur ce trésor, et sont à leurs trousses.

Bouh que c’est ennuyant !! Le livre se veut un thriller mais je n’y ai ressenti aucun suspens, aucune angoisse. Je n’y ai trouvé qu’un amoncellement de situations « clichés », comme si l’auteur avait trouvé la recette à suivre pour faire un bon thriller (mais tout en en ayant raté l’exécution !) : le type à la quarantaine, expert en art, divorcé ; la petite jeunette étudiante et fragile qui, on s’en doute, va tomber amoureuse du type (qui va se laisser faire, c’est évident) ; le mec louche qui les suit (pour le compte d’un grand-maître-dont-on-ne-connaît-pas-l’identité-mais-qui-veut-récupérer-le-trésor) et qui, accessoirement, est un maniaco-tueur en série (mais il ne fait même pas peur !!).

Je pense très sincèrement que toutes les recherches historiques et topographiques réalisées par l’auteur ont dû être passionnantes, mais leur transcription est maladroite, lourde. Pire, cela m’a fait douter de beaucoup d’informations qui sont données, car étant mal amenées, elles m’ont parfois paru tirées par les cheveux, et peu crédibles. Les deux protagonistes piétinent un moment dans leur enquête, et puis tout d’un coup ils comprennent une foultitude de choses, qu’ils s’échangent alors dans des dialogues qui paraissent tout sauf naturels.

Le fond de l’histoire m’intéressait, mais selon moi c’est un livre bien trop mal écrit pour que j’y adhère. Pour tout dire, c’est un livre que je ne garderai même pas.

La Reine des lectrices

Alan Bennett

Argh, je n’aime pas être déçue par un livre ! De blog en blog, j’avais lu plusieurs avis positifs sur ce livre (mais je ne me souviens plus chez qui…toutes mes excuses, et que les blogueuses qui se reconnaissent lèvent le doigt ! J’ajouterai leurs liens). C’est donc plutôt confiante que j’ai entamé cette lecture. Mais le fait d’être parvenue à bout des quelques cent pages seulement, en plusieurs jours, est révélateur à lui seul que, non, avec moi cette histoire n’a pas pris !

Ce livre raconte pourtant une histoire un peu cocasse : un beau jour, la reine d’Angleterre découvre par hasard le bibliobus qui passe chaque semaine dans la cour du palais, et elle se sent obligée d’y emprunter un livre. A partir de ce jour, elle apprivoise peu à peu le plaisir de la lecture, chemin au long duquel l’accompagne Norman, un jeune homme rencontré au bibliobus et employé dans les cuisines du palais, et dont la reine fait rapidement son conseiller personnel. Tout cela au risque de délaisser les responsabilités et engagements que lui impose sa fonction.

Certes, certaines situations décrites ont fait écho à la lectrice que je suis, comme par exemple la scène où, en route pour une cérémonie officielle, la reine ressort de son carrosse juste avant le départ, retardant tout le protocole, simplement parce qu’elle a oublié son livre. J’ai souri parce que c’est exactement moi, je ne supporte pas l’idée d’être dans les transports sans un livre ; si en m’asseyant dans le métro je m’aperçois qu’il n’est pas dans mon sac c’est le drame ! Dans le même registre, j’ai apprécié les petites remarques au long du livre, sur le plaisir de la lecture, son addiction, les habitudes que l’on prend : la reine prend des notes dans ses carnets, se rend compte qu’un livre en amène toujours un autre, se demande : « Y a-t-il plus grand plaisir que de découvrir un bon auteur ? ». Autant de considérations qui, évidemment, me parlent en tant que lectrice.

Mais je me suis ennuyée, je n’ai pas réussi à adhérer à l’histoire. Un livre pas déplaisant, mais que je ne garderai pas longtemps en mémoire, c’est sûr !

Je ne m’étendrai pas beaucoup plus sur le sujet, je préfère prendre plaisir à écrire des billets sur des livres que j’ai aimés !

Des avis bien plus enthousiastes chez Somaja et chez Toujours.a.la.page