Onéguine #4

Onéguine : suite et fin. Les années ont passé. Onéguine revient passionnément vers Tatiana, empli de remords et de regrets. Mais Tatiana est désormais mariée. La douleur est grande face à ses sentiments pour Onéguine toujours intenses.

Il est blême comme un cadavre.
Pas un chat dans le vestibule.
Il entre, il va plus loin. Personne.
Il ouvre une porte, et soudain
Que voit-il, qui le pétrifie ?
La princesse est là, devant lui,
Vêtue sans la moindre recherche,
Pâle, elle relit une lettre ;
Sa joue repose sur sa main ;
De ses yeux coule un flot de larmes.

Voici le pas de deux final. J’ai choisi de vous montrer la version réunissant Isabelle Ciaravola et Hervé Moreau qui est, selon moi, l’une des meilleures. Ciaravola interprète le rôle de Tatiana avec une force et une émotion grandioses.

Et le bonheur était si proche,
Si possible…

Alexandre POUCHKINE, Eugène Onéguine

Ces quatre billets sur Onéguine et Pouchkine sont aussi ma première participation au challenge « Des mots et des notes » organisé par Anne.

Voir aussi mes billets précédents : Onéguine #1, Onéguine #2, Onéguine #3

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Onéguine #3

Quelques lignes de Pouchkine encore pour aujourd’hui…Plusieurs jours que j’ai vu le ballet, et la passion, le désespoir, l’intensité qui le composent m’habitent encore. Une merveille, vous dis-je.

Onéguine à Tatiana :

Mon idéal perdu, c’est vous.
Je vous aurais demandé d’être
La compagne de mes jours sombres,
La preuve que le Beau existe,
Le peu de bonheur qui m’attend.
Mais suis-je fait pour le bonheur ?
Mon âme lui est étrangère.
Votre perfection me désole,
Car j’en suis tout à fait indigne.

Je vous l’ai dit, (re)lisez Pouchkine !!

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Onéguine #2

Je vous ai présenté hier le ballet Onéguine tiré de l’œuvre de Pouchkine, je continue aujourd’hui !
Je suis tout à fait consciente, dans mes billets à ce sujet, de dévoiler des moments clefs du ballet et du roman de Pouchkine : c’est que ma volonté est avant tout de mettre en avant le si beau texte de l’auteur, en liaison avec le spectacle dansé, et, surtout, de pouvoir partager et faire découvrir ce ballet à celles et ceux qui n’auront pas la chance d’aller l’admirer. Et aussi, c’est pour me faire plaisir à moi ! Je raconte l’histoire, vous voilà prévenus 😉

Lettre de Tatiana à Onéguine (extraits) :

Toute ma vie fut la promesse
De cette rencontre avec toi.
C’est Dieu qui t’envoie, je le sais
Pour me garder jusqu’à la mort…
Tu apparaissais dans mes rêves ;
Sans te voir, je te chérissais.
Ton regard me faisait languir,
Ta voix résonnait dans mon âme
Depuis toujours… En vérité
Je t’ai reconnu tout de suite.
Ce fut en moi un froid, un feu,
Et dans mon cœur, j’ai dit : c’est lui !
Je t’entendais, tu le sais bien.

Tout cela, serait-ce un mirage ?
Mon âme naïve se trompe !
Et l’avenir sera tout autre…
Eh bien ! J’y consens ! A jamais
Je te confie ma destinée.

Alexandre POUCHKINE, Eugène Onéguine

Vous pouvez lire un compte-rendu complet et très enthousiaste de la Première représentation d’Onéguine au Palais Garnier sur blogàpetitspas.

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Onéguine #1

J’ai eu le grand bonheur de pouvoir assister pour la seconde fois à une représentation du ballet Onéguine, à l’Opéra Garnier. J’avais découvert ce ballet il y a deux ans, lors de son entrée au répertoire de l’Opéra de Paris, et j’avais été subjuguée. Alors, dès que l’occasion s’est présentée pour le voir de nouveau, je n’ai pas hésité. Et c’est officiel, il fait partie de mes ballets préférés !

Un ballet qui retranscrit l’histoire d’amour triste de l’œuvre de Pouchkine, qu’il faut lire ! Ce roman en vers est un poème, un chant magnifique. La jeune et romantique Tatiana tombe amoureuse d’Onéguine, qui a tout du dandy blasé. Par plaisir, par provocation, il s’amuse à séduire Olga, la sœur de Tatiana et fiancée de Lenski. Un jeu dangereux qui se solde par un duel entre Onéguine et Lenski, qui succombe. De longues années plus tard, Onéguine revient vers Tatiana, désormais mariée : c’est alors elle qui est contrainte de le repousser. Une histoire d’amour manqué et regretté.

La chorégraphie de John Cranko date de 1965, elle est réglée sur différents extraits d’opéra et de pièces pour piano de Tchaikovski. Voici la distribution à laquelle j’ai assisté : Aurélie Dupont (Tatiana) / Evan McKie (Onéguine), Myriam Ould-Braham (Olga) / Josua Hoffalt (Lenski). Celle-ci alterne bien évidemment avec d’autres distributions, vous avez tous les détails ici, et à choisir je vous conseille celle réunissant Isabelle Ciaravola et Mathieu Ganio : c’est Isabelle Ciaravola qui m’avait éblouie dans ce rôle il y a deux ans (et pour lequel elle fut sacrée Etoile).

Voici le pas de deux du Premier acte : Tatiana (Maria Eichwald) et Onéguine (Manuel Legris) se rencontrent, Tatiana tombe amoureuse

Il est enfin venu… Elle ouvre
Les yeux, et elle dit : C’est lui.
Désormais ses nuits et ses jours,
La solitude de son rêve,
Tout lui parle avec une force magique
De lui. Les aimables propos
Lui pèsent, comme les regards
Trop attentifs des domestiques.
En proie à la mélancolie,
Elle maudit les visiteurs
Qui arrivent sans crier gare,
Qui ont le temps de bavarder
Et qui s’installent pour des heures.

Aux chanceuses Parisiennes, je ne peux que vous inciter à aller voir ce ballet qui se joue dès aujourd’hui à l’Opéra Garnier, jusqu’au 31 décembre. Il doit rester encore quelques places au guichet ! C’est une œuvre facile d’accès, et d’une intensité dramatique et émotionnelle très forte.

Et sinon, (re)lisez Pouchkine ! C’est magnifique !

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La pub entre dans la danse

D’ici quelques jours, une nouvelle publicité Air France va s’immiscer sur le petit écran. Il paraîtra peut-être incongru ou inadapté qu’un spot TV soit le sujet de mon billet du jour, mais c’est une publicité qui reprend un pas de deux que j’ai toujours trouvé sublime, et que j’ai plaisir à vous présenter aujourd’hui. Il est ici interprété par les danseurs Benjamin Millepied et Virginie Caussin :

La légèreté, l’envol, l’abandon total, la confiance (et il en faut avant de monter dans un avion !) sont suggérés. C’est un pas de deux issu d’un ballet d’Angelin Preljocaj, Le Parc, qui évoque les codes et comportements amoureux en s’inspirant du libertinage du XVIIIe siècle ; cette scène est la dernière du ballet et figure l’Abandon, sur une musique de Mozart (Adagio du Concerto pour piano n° 23 en la majeur). Évocation tout en pudeur et raffinement de l’abandon total que réclame l’état amoureux. La voici dans son intégralité, dansée par Manuel Legris et Aurélie Dupont. La vidéo dure 8 minutes, je sais que c’est un peu long, je vous laisse la déguster :