La mise à nu des époux Ransome

Alan Bennett

C’est un petit roman qui débute avec une situation très loufoque : un soir, Mr et Mrs Ransome, couple parfaitement engoncé de la vieille bourgeoisie britannique, sont à l’opéra. Lorsqu’ils rentrent chez eux, ils découvrent qu’ils ont été cambriolés. Tout, absolument tout, a disparu de leur appartement. Les visiteurs n’ont pas emmené uniquement le matériel hi-fi et les bijoux, ils ont embarqué tous les meubles, les tapis, les rideaux, la vaisselle (même la marmite que Mrs Ransome avait laissé à cuire dans son four), les fils électriques, il ne reste rien.

« Le vol d’une chaîne hi-fi est parfaitement banal. Celui d’une moquette l’est moins.
– Peut-être se sont-ils servis de la moquette pour envelopper la chaîne, dit Mrs Ransome.»

Le couple se retrouve entièrement démuni, et, dans l’urgence (il faut prévenir la police, aller acheter quelques produits de première nécessité), Mr et Mrs Ransome sont obligés de descendre de chez eux et de se confronter à la réalité du monde ordinaire, de s’adresser à des individus qu’ils avaient toujours évités (ou dont ils ignoraient même l’existence). Alors que Mr Ransome reste coincé dans ce chamboulement qu’il n’a aucunement choisi, son épouse, petit à petit, voit le bon côté des choses. Elle est presque soulagée d’être débarrassée de cet encombrant service à vaisselle qui les suivait depuis 30 années de mariage, et qui ne servait jamais ! Elle découvre avec curiosité les programmes télévisuels de l’après-midi destinés à la ménagère moyenne, elle franchit le seuil de l’épicerie pakistanaise du quartier.

Le livre est une satire sociale, bourrée de traits d’humour. Il fait aussi réfléchir aux possessions matérielles que nous entassons et dont nous pourrions fort bien nous passer…

« Mrs Ransome découvrit qu’elle n’était pas malheureuse, que sa situation présente avait une réalité bien plus grande et que, indépendamment du confort que chacun est en droit d’attendre, ils allaient désormais pouvoir mener une vie moins douillette… »

Ma première rencontre avec Alan Bennett fut la lecture de La Reine des lectrices, roman qui ne m’avait pas enthousiasmée. La mise à nu des époux Ransome me réconcilie avec l’auteur. J’ai apprécié cette lecture rapide (en une soirée), divertissante, piquante.

Je remercie très chaleureusement Laurence pour m’avoir offert ce livre ! Vous pouvez consulter sa critique ici.

La Reine des lectrices

Alan Bennett

Argh, je n’aime pas être déçue par un livre ! De blog en blog, j’avais lu plusieurs avis positifs sur ce livre (mais je ne me souviens plus chez qui…toutes mes excuses, et que les blogueuses qui se reconnaissent lèvent le doigt ! J’ajouterai leurs liens). C’est donc plutôt confiante que j’ai entamé cette lecture. Mais le fait d’être parvenue à bout des quelques cent pages seulement, en plusieurs jours, est révélateur à lui seul que, non, avec moi cette histoire n’a pas pris !

Ce livre raconte pourtant une histoire un peu cocasse : un beau jour, la reine d’Angleterre découvre par hasard le bibliobus qui passe chaque semaine dans la cour du palais, et elle se sent obligée d’y emprunter un livre. A partir de ce jour, elle apprivoise peu à peu le plaisir de la lecture, chemin au long duquel l’accompagne Norman, un jeune homme rencontré au bibliobus et employé dans les cuisines du palais, et dont la reine fait rapidement son conseiller personnel. Tout cela au risque de délaisser les responsabilités et engagements que lui impose sa fonction.

Certes, certaines situations décrites ont fait écho à la lectrice que je suis, comme par exemple la scène où, en route pour une cérémonie officielle, la reine ressort de son carrosse juste avant le départ, retardant tout le protocole, simplement parce qu’elle a oublié son livre. J’ai souri parce que c’est exactement moi, je ne supporte pas l’idée d’être dans les transports sans un livre ; si en m’asseyant dans le métro je m’aperçois qu’il n’est pas dans mon sac c’est le drame ! Dans le même registre, j’ai apprécié les petites remarques au long du livre, sur le plaisir de la lecture, son addiction, les habitudes que l’on prend : la reine prend des notes dans ses carnets, se rend compte qu’un livre en amène toujours un autre, se demande : « Y a-t-il plus grand plaisir que de découvrir un bon auteur ? ». Autant de considérations qui, évidemment, me parlent en tant que lectrice.

Mais je me suis ennuyée, je n’ai pas réussi à adhérer à l’histoire. Un livre pas déplaisant, mais que je ne garderai pas longtemps en mémoire, c’est sûr !

Je ne m’étendrai pas beaucoup plus sur le sujet, je préfère prendre plaisir à écrire des billets sur des livres que j’ai aimés !

Des avis bien plus enthousiastes chez Somaja et chez Toujours.a.la.page