Room

Emma Donoghue

Je savais pas que le Petit Jésus, il devient grand. « Saint Pierre est un méchant ?
– Non, non, on l’a emprisonné par erreur : enfin, c’étaient des méchants policiers qui l’avaient arrêté. Bref, il a prié et prié pour retrouver sa liberté et tu sais quoi ? Un ange s’est élancé du ciel et a enfoncé la porte.
– Génial »,  je dis.

J’ai pour habitude de ne jamais relire une quatrième de couverture avant de commencer une lecture, parfois, même, je ne la lis pas en achetant mes livres. Je vais plutôt me laisser tenter par un titre, un auteur, une illustration, ou, comme ce fut le cas pour ce livre, par une ou deux critiques assez succinctes mais suffisamment troublantes pour susciter ma curiosité. J’aime me laisser surprendre par un roman, j’aime ne pas savoir (du tout !) où je vais, et en quelle compagnie. C’est une petite manie qui parfois, peut être un désavantage au roman lu, qui aurait mérité une légère « préparation » psychologique, mérité de savoir ce à quoi s’attendre, afin d’apprécier pleinement la saveur et l’intérêt d’une lecture et éviter de se retrouver désemparée, ou déçue. Cela m’est arrivé, mais, heureusement, est resté rare.

Je me suis donc lancée dans Room à l’aveugle, juste en sachant qu’il y avait une mère et son jeune fils dans l’histoire.
Une histoire à huis clos, envahie d’un monde imaginaire qu’une mère crée pour son petit garçon. Une mère bouillonnant d’inventivité, d’énergie, d’intelligence, d’amour tout simplement. C’est un texte éblouissant, sidérant, presque apaisant aussi. Mais aussi, un texte qui m’a dérangée, qui m’a laissé un goût de malaise, parce qu’il a un côté réel absolument terrifiant.

Il m’a fallu quelques jours pour digérer complètement cette lecture. Et de nombreux jours encore avant de réussir à écrire un billet évocateur, exprimant mes émotions tout en ne révélant rien de l’histoire, pour rester fidèle à tout ce que j’ignorais de ce roman avant de le lire.

Ce roman m’a fait penser à La Route de Cormac McCarthy ,de manière très différente bien évidemment, mais j’y ai retrouvé le don de soi absolu d’un parent pour son très jeune enfant, vu telle une petite créature divine.

« J’étais prête, cette fois-ci, je voulais qu’on reste entre nous.
– J’étais de quelle couleur ?
– Rose vif.
– J’ai ouvert les yeux ?
– Tu es né les yeux ouverts. »

Allez lire aussi la belle critique de La Ruelle bleue.

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15 réflexions sur “Room

  1. Je l’ai terminé il y a tout juste quelques heures !
    En lisant la fin de ton billet, je suis tombée sur ta comparaison ! Et c’est vrai qu’on retrouve la même urgence de vivre dans les deux.

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